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L'Exposition Gustave Doré (1832-1883), l’imaginaire au pouvoir

mardi 18 février  > dimanche 11 mai 2014Archive
L'Exposition Gustave Doré (1832-1883), l’imaginaire au pouvoir ©Bibliothèque Nationale de France

L'Exposition Gustave Doré (1832-1883), l’imaginaire au pouvoir.
Du 18 février au 11 mai 

A partir de 6 ans

Du mardi au dimanche de 9 h 30 à 18 h, nocturne le jeu jusqu’à 21 h 45

Tarif : 11 euros, réduit : 8,50 euros, gratuit pour les moins de 26 ans

Métro Solférino

www.musee-orsay.fr

En partenariat avec la Bibliothèque nationale de Franc

On a forcément vu une de ses images, illustrant les contes de Perrault, la Bible ou Gargantua : Gustave Doré a retracé sur le papier des visions d’écrivains (qu’il a faites siennes), avec un sens aigu de la composition, et un génie spécial où affleure sans cesse une sorte d’esprit d’enfance.

L’ogre terrifiant du Petit Poucet penché sur ses fillettes endormies, c’est lui. Lui encore, le Petit Chaperon rouge devisant sagement avec le loup – et il est étonnant de voir à quel point, dans ses illustrations de Perrault, il détourne le classicisme du texte pour imposer son style saisissant et nous plonger dans le fantastique.

A la fois gothique, comique, inspiré, son univers graphique est peuplé de créatures, de châteaux mystérieux, de paysages vertigineux — des fenêtres ouvertes sur l’imaginaire que l’on redécouvre au musée d’Orsay. 

Mais au fait, qui c’était, ce Gustave Doré ? Gustave est né en 1832, à Strasbourg, où il passe une partie de son enfance à rêver devant la cathédrale gothique. À 5 ans, il dessine déjà. Il devient aussi un virtuose au violon et un vrai petit acrobate. « C’est un génie ! » décrète sa mère. Et la suite de sa vie lui donnera raison : Gustave Doré se rendra célèbre dans toute l’Europe grâce à ses dessins (une galerie lui sera même dédiée à Londres).

Travailleur infatigable et artiste populaire dans tous les sens du terme (car il a consacré de nombreuses planches aux misères des peuples de Paris et de Londres), il ne sera pourtant jamais vraiment reconnu pour sa peinture, malgré tous ses efforts : la critique lui reprochera toujours d’être un autodidacte touche-à-tout, à la fois peintre, sculpteur et dessinateur — tout cela sans avoir étudié dans une d’école d’art.

Le plus drôle, c’est que, comme dans les contes, une vieille femme lui avait prédit cet échec, à la suite d’une blague qu’il avait faite, enfant, de peindre une poule en vert avec sa première boîte de peinture (or les poules vertes, dans sa région, étaient un très mauvais présage) : « Vous avez bien fait pleurer le monde avec votre peinture, avait dit la vieille femme. Elle vous fera pleurer en retour. » Mais qu’importe : à 15 ans, alors qu’il est encore lycéen, Gustave est engagé comme dessinateur par le célèbre éditeur Charles Philippon. C’est le début d’une grande aventure… et d’une grande œuvre.

Avec cette exposition, le musée d’Orsay lui rend justice et propose en même temps une programmation spéciale pour le jeune public, notamment trois spectacles adaptés d’œuvres littéraires que Doré a illustrées (Les Travailleurs de la mer, d’après Victor Hugo ; Quichotte, d’après Cervantès, et Faim de loup, d’après le conte du Petit Chaperon rouge, revisité d’une manière magistrale par la marionnettiste Ilka Schönbein). On vous signale aussi l’opérette La Chatte métamorphosée en femme, d’Offenbach, lequel était un grand ami de Gustave Doré (qui, lui aussi, aimait mettre en scène des animaux aux allures anthropomorphiques). 

Quand Gustave Doré fait son cinéma (à moins que ce ne soit l’inverse). Parmi les inspirateurs de Walt Disney, entre Honoré Daumier et Gustave Moreau, on trouve Gustave Doré. La forêt maléfique de Blanche-Neige lui doit beaucoup, tout comme les impressionnants paysages de La Belle au bois dormant. Mais Disney est loin d’être le seul à s’être inspiré du génie de Doré : Cecil B. De Mille a, de toute évidence, bien étudié les illustrations que ce dernier a faites de la Bible pour ses Dix Commandements ; de même que Terry Gilliam pour son adaptation des Aventures du baron de Münchhausen.

Cocteau, parlant des décors de son film La Belle et la bête, revendique carrément « le mauvais goût magnifique de Gustave Doré ». Ce qui l’inspire, ajoute-t-il, c’est la proximité de l’artiste avec le fantastique, cette façon qu’ont ses images de se tenir « au bord de l’horrible ». Et c’est cette même atmosphère pleine de ténèbres et de frissons qui influencera Tim Burton et son Sleepy Hollow, ou encore la fresque épique du Seigneur des anneaux. Peut-être le succès de Doré auprès des réalisateurs tient-il à ses jeux d’échelle, ses vues en contre-plongée, ses gros plans, qui sont comme l’alphabet d’un vocabulaire cinématographique.

Toujours est-il que le musée d’Orsay propose une super programmation de films qui permettent de s’en rendre compte, et dont la plupart sont accessibles au jeune public : on vous signale tout particulièrement L’Arche de Noé, de Michael Curtiz, le 26 février ; King Kong, de Cooper et Schoedsack, le 14 mars ; Le 7e Voyage de Sinbad, de Nathan Juran, le 15 mars ; La Belle et la bête, de Cocteau, le 22 mars ; La Belle au Bois dormant, de Walt Disney, le 22 mars.

Et notez aussi, pour les ados, une visite spéciale « Comme au cinéma » qui invitera les participants à découvrir les liens entre l’œuvre de Gustave Doré et les grands réalisateurs actuels, avec à la clé une mise en images graphique. 

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AUTOUR DE L'EXPOSITION

Dans l’auditorium du musée d’Orsay. 
Quichotte (marionnettes). A partir de 8 ans. Dimanche 6 avril à 15 h. Gratuit.
Faim de Loup (théâtre et marionnettes). A partir de 8 ans. Dimanche 4 mai à 15 h. Gratuit.

SUR INTERNET
L’exposition virtuelle Gustave Doré (grâce à un partenariat Musée d’Orsay/BnF), un site richement illustré pour naviguer au cœur des œuvres : http://expositions.bnf.fr/orsay-gustavedore.

1 rue de Bellechasse
75007
Paris
M° Solférino
01 40 49 48 14

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