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Musée de la Libération de Paris – Musée du Général-Leclerc – Musée Jean-Moulin.

vendredi 27 septembre 2019
Musée de la Libération de Paris – Musée du Général-Leclerc – Musée Jean-Moulin.

Musée de la Libération de Paris – Musée du Général-Leclerc – Musée Jean-Moulin.

A partir de 10 ans.

Toute l’année. Du mar au dim de 10 h à 18 h. Gratuit.

4, av. du Colonel-Rol-Tanguy, place Denfert-Rochereau, Paris XIVe M° Denfert-Rochereau.

Museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr.

 

Le musée de la Libération vient d’être inauguré à Denfert-Rochereau : ce beau lieu, qui célèbre la mémoire de deux figures de la Résistance, Jean Moulin et Philippe Leclerc, offre également l’occasion de comprendre in situ cet événement qu’a été la libération de Paris.

priori, passer un après-midi à réviser son cours d’histoire de France du XXe siècle n’est pas la perspective la plus attrayante qui soit. Mais faire cette révision en crapahutant dans les sous-sols de Paris, au cœur de l’ancien QG de Rol-Tanguy ; en écoutant des extraits radiophoniques d’époque, comme si on revivait à l’instant même l’appel du 18 juin 1940 ; ou en visionnant les images de liesse de la libération de Paris…, c’est une tout autre histoire !

Pour rendre proche un événement tel que la libération de la capitale, du 19 au 25 août 1944, le musée nous entraîne à la suite de deux destins parallèles — deux hommes qui, en 1940, au moment de l’armistice, ont su dire non : Jean Moulin, d’une part, et Philippe de Hauteclocque (devenu Philippe Leclerc - la plupart des combattants et résistants changeant de nom pour éviter des représailles à leur famille), d’autre part. On découvre leur personnalité à travers des lettres, des photos. Et même un fauteuil, une minuscule boîte d’allumettes où Moulin cachait ses ordres de mission, une combinaison de saut en parachute… L’occasion d’évoquer le quotidien des Parisiens durant l’Occupation, grâce à divers objets — dont une extraordinaire robe bleu-blanc-rouge, réalisée avec des chutes de tissu et représentant les monuments de Paris, qu’une femme avait confectionnée dans l’attente du jour où Paris ne serait plus sous le joug nazi.

Mais le musée nous fait aussi connaître l’engagement de nombreux hommes et femmes qui ont risqué (et parfois donné) leur vie en tant que résistants, à travers des portraits et des témoignages souvent poignants. A lire leur histoire, à observer leurs visages, il nous reste tout de même un mystère : comment ont-ils trouvé le courage, quand tant d’autres ne l’avaient pas ?

Trois questions à Sylvie Zaidman, directrice du musée de la Libération.

Pourquoi le musée de la Libération ?

Sylvie Zaidman : Notre point de départ, c’est de faire connaître les vies de Jean Moulin et de Philippe de Hauteclocque, qui deviendra le général Leclerc. Ils sont le cœur de nos collections. Mais les hommes d’exception ne sont jamais seuls, ils sont entourés d’une foule de personnes moins connues et pourtant remarquables. Pour faire émerger une mosaïque de visages et de personnalités évoquant la pluralité des engagements, nous sommes partis des objets dont nous disposions : pour Rol-Tanguy, on possédait un calque du Paris souterrain légué par sa femme. De même pour la machine à écrire de Paul Schmidt, qui travaillait avec Jean Moulin ; ou l’uniforme de Madeleine Collomb, infirmière dans la 2e DB — nous avions à cœur de faire apparaître les nombreuses femmes qui ont œuvré dans la Résistance.

D’où proviennent ces objets que vous citez ?

S.Z. : Tout a commencé par un legs d’Antoinette Sass, une amie de Jean Moulin, dont le testament précisait qu’elle donnait ses archives et sa fortune à la ville de Paris, à la condition qu’il y ait un musée Jean-Moulin. La ville a également reçu une importante donation de la Fondation Philippe-de-Hauteclocque. Puis, spontanément, les gens nous ont donné des objets qui témoignaient de la vie des résistants — d’ailleurs, aujourd’hui encore, on nous apporte énormément de choses, dont nous vérifions à chaque fois l’origine et l’authenticité. 

Parlez-nous du lieu emblématique qui abrite le musée…

S.Z. : Avant sa rénovation, le musée se situait dans le XVe arrondissement, au-dessus de la gare Montparnasse — le choix était symbolique (c’est là que fut signée la reddition du général von Choltitz, et c’était aussi un des quartiers préférés de Jean Moulin, NDLR), mais cette localisation le condamnait à une faible audience. En 2010, il a donc été décidé de le déplacer au-dessus de l’abri de défense passive, qui fut le poste de commandement de Rol-Tanguy. Jusque-là, ce lieu n’était pas accessible au public ; or ce PC a joué un rôle très important lors de la libération de Paris. Il faut se rappeler le contexte : août 1944, Paris est toujours occupée, mais les Allemands sont, si j’ose dire, sur les dents, ils savent que les Alliés se rapprochent. Il s’agit pour eux de se replier afin de préparer une nouvelle défense, ils intensifient la répression, et, pour les résistants, c’est un moment dramatique : à la mi-août, trente d’entre eux se font massacrer. Pour les FFI, la branche armée de la Résistance, il devient nécessaire de trouver un centre opérationnel, sans que les Allemands le devinent. Cet endroit souterrain, conçu en cas de bombardement et muni d’un un téléphone, apparaît comme inespéré. n

Propos recueillispar Orianne Charpentier


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