Leurs cœurs se balancer
Escapade et mots doux en forêt, le meilleur lieu pour se trouver.
La Forêt, la Petite sans nom, Court-très-vite et le Lapin qui n’a plus de visage sont les drôles de personnages de cette escapade poétique, véritable délice de mots dits que nous offre l’autrice Claudine Galea avec Leurs cœurs se balancer. Cette pièce délicate et fraîchement écrite répond à une commande du metteur en scène Christophe Laluque en recherche d’une vraie belle écriture adressée aux plus petits, dès 3 ans— ce qui est assez rare.
Un délice donc, parce que ce sont des mots qui jouent, qui inventent et invitent le jeune auditoire à jouer en glissant les leurs dans les trous du texte aménagés à cet effet par l’autrice et par le jeu des trois comédiennes. Des mots qui s’échappent aussi parfois en chansons, portés par un accordéon et d’autres instruments jouets.
La Forêt est claire et sombre, selon qu’il fait jour ou nuit. C’est une voix, un espace, un personnage qui enveloppe de sa présence et accueille les errements de la fillette en quête d’identité, sa rencontre avec le personnage très pressé et le lapin sans visage.
Pour embarquer les enfants dans cette langue joueuse et tendre, le metteur en scène les invite à s’assoir tout autour de l’espace de jeu fait d’un tapis blanc doux comme un sol de mousse et planté de quelques sculptures verticales en marqueterie comme autant d’arbres. Belle manière de faire entrer les petits imaginaires en forêt…
Les mots de Claudine Galea sont comme des petits cailloux lâchés sur les sentiers de la vie. Dans leur sillage on entend quelques lointains échos de Lewis Carroll et de ces contes traditionnels, Grimm ou autres, où d’ordinaire les enfants se perdent. Quelques souvenirs aussi d’autres textes de l’autrice où le bois, bien au contraire, offre son giron protecteur à qui cherche à grandir.
Par un échange plein de tendresse, qu’on ne révèlera pas, des moments doux se dessinent. « J’aime bien ta voix de cœur/On dirait une bercerie/ ça me fait comme un lit avec un doudou-bonheur » soupire l’enfant en s’endormant. Quant au lapin, il chante « j’ai perdu mon visage mais l’amour est sans âge/ et quand il viendra il me le rendra/ La nuit les cœurs se balancent ils dansent/ Les étoiles les transforment en baisers/ Les cœurs en sont tout retournés ».
Dans un trio bien accordé en lien constant avec le petit public, les actrices qui sont aussi chanteuses ( en particulier Clémentine Lebocey dont la voix est si joliment flûtée) cheminent avec délicatesse. S’aventurer, regarder autour de soi, chercher, poser des questions… c’est déjà s’émanciper, se trouver.
Maïa Bouteillet
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Leurs coeurs se balancer
A partir de 3 ans
jusqu’au 12 mai
Tarif : 16€, 8€
© Ernesto Timor
Théâtre Dunois
7, rue Louise-Weiss
7513 Paris