L’Ogrelet
Mi-monstre mi humain, le petit héros de L'Ogrelet se soumet à trois épreuves dont il sortira grandi.
La cave médiévale de l’Essaïon sied parfaitement à L’Ogrelet, pièce d’apprentissage d’une grande force, écrite par l’autrice québécoise Suzanne Lebeau et maintes fois portée à la scène. Il s’agit ici de la mise en scène de Christophe Laparra qui combine un décor mobile fait de caissettes en bois, quelques objets réalistes et un film d’animation pour figurer l’espace du dehors en particulier la forêt.
La scène voutée renforce l’impression d’isolement vécu par le personnage qui habite seul avec sa mère à l’écart du village, son sentiment d’étouffement alors qu’il ne peut pas faire un pas sans qu’elle s’inquiète…
Reprenons au début : c’est le jour de la rentrée, l’ogrelet se rend pour la première fois à l’école, il va découvrir les autres enfants et sa mère prépare son cartable tout neuf non sans inquiétude. Sa taille, bien supérieure à celle des enfants de son âge, marque sa différence. Bientôt son comportement trahira ses origines et il devra traverser trois épreuves pour pouvoir grandir et être accepté dans la communauté humaine.
Vers la voie de la résolution
Reprenant la thématique bien connue de l’ogre, Suzanne Lebeau renouvelle le principe du conte initiatique dans un texte puissant qui n’élude en rien la violence mais offre une issue consolatrice. Contrairement au Petit Poucet, c’est l’enfant lui-même qui est porteur d’une monstrueuse différence mais c’est lui aussi qui, par sa détermination à affronter les épreuves, par sa volonté d’émancipation et par sa sagesse conduit l’adulte vers la voie de la résolution.
Quelle est cette « ogreté » dont il faut se débarrasser ? De quoi hérite-t-on ? Comment avancer et se défaire de liens trop protecteurs ? La part animale, la violence du père et l’aveuglement de la mère, le désir, l’amitié… sont quelques-uns des nombreux sujets qu’aborde cette pièce d’une grande richesse, sans appuyer.
Ce merveilleux texte, dont on suit ici parfaitement toutes les strates, recèle aussi des moments d’humour et de tendresse que savent libérer les comédiens.
Maïa Bouteillet
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L’Ogrelet
à partir de 8 ans
Jusqu’au 3 juin, les samedis et dimanches à 14h15, ainsi que le vendredi 8 mai et le jeudi 14 mai
Tarif : 16,50 €, enfant : 12,95€
© Fabienne Rappeneau
Théâtre de l’Essaïon
6, rue Pierre-au-lard
75004 Paris