Nous ou le paradoxe du hérisson
Elargie, adoptive, recomposée, de cœur… Toutes les familles sont-elles dans la nature ?
L’une porte un sac à dos, l’autre un pliant en bandoulière, la quatrième une carte, le dernier une plante… Que fait donc cette brochette d’individus qui avance à pas prudents dans cette forêt de lianes ? Qui sont-ils ? un orchestre, des amis, une famille ? Ils n’ont pas le même nez, ni le même sang. Certains sont restés au même endroit depuis des générations, d’autres parlent plusieurs langues à la maison, mais ensemble ils partagent des repas, ils ont développé des habitudes et des projets.
Et voilà qu’à la faveur d’une nouvelle rencontre, dans un lieu qui tient autant de la cabane que de la toile d’araignée, sur un sol fait de nombreuses couches, ils se mettent à explorer ce bon vieux lieu commun qu’est la famille.
Derrière ce titre un brin énigmatique, Nous ou le paradoxe du hérisson — qu’est-ce que le hérisson vient faire dans cette histoire ? —, il s’agit pour la metteuse en scène Muriel Imbach de mettre en jeu, par les moyens du théâtre, et toujours avec beaucoup d’humour et de liberté, les contours de la famille dans une époque où les choses bougent sans cesse.
Donner corps aux questions
De cœur, adoptive, élargie… une famille c’est quoi ? Un chien peut-il être un membre de la famille comme les autres ? Est-ce qu’on peut adopter sa chanteuse préférée ? est-ce qu’une tata peut être comme une seconde maman ? Ce qui apparaît vite clair, pour les unes et les autres, comme pour nous dans la salle, c’est que parler aide à comprendre.
Tisser des liens, donner corps aux questions, ouvrir l’espace des possibles telle est exactement la démarche de la créatrice suisse dans ce nouveau spectacle comme dans les précédents (A l’envers à l’endroit, Le Nom des choses), où l’on retrouve avec bonheur une scénographie inventive et les actrices et acteurs fidèles de sa compagnie la Bocca della luna, dont la qualité de présence et de jeu contribue pour beaucoup à la fraîcheur du propos.
Une démarche forgée par des études de philosophie et une curiosité intense, alimentée par un travail d’enquête et de dialogue avec des experts (philosophes, sociologues…), de nombreuses rencontres et ateliers menés dans des classes et une approche du plateau basée sur l’improvisation.
De tout cela il ressort un spectacle vif et joyeux, qui communique à tous, enfants comme adultes, l’envie de poser encore et toujours des questions.
Maïa Bouteillet
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Nous ou le paradoxe du hérisson
Dès 8 ans
Le 14 février à 18h, le 15 février à 16h et le 18 à 15h
© Sylvain Chabloz
Théâtre Public de Montreuil – CDN
10 Place Jean Jaurès
93100 Montreuil